Un 400 en « off »
Bonjour à tous, depuis le BRM 400 que nous avons organisé fin avril, il me tardait de vivre la même expérience. Pour cause de planning un peu full (jardinage) je me décide de partir jeudi 7 mai en début d’après-midi, la fenêtre météo est favorable.
Pas beaucoup de temps pour prévenir les copains, je laisse un message sur le forum.
Je regarde dans la base de données des parcours, je suis tenté par la Mayenne vers l’ouest et le Perche vers l’est.
Mon choix se portera sur Villaines-la-Juhel P7 et le Gué-de-la-Chaine P7.
Jeudi 14 h, c’est l’heure que j’ai choisie pour le départ, si tout va bien après un passage dans la nuit sur Alençon je serai de retour de la 2è boucle dans l’après-midi du 8 mai.

Km 17 : Il est 14h40 quand je passe devant le château de Moulin, je profite du portail ouvert pour faire une photo.

Km 22 : Passage par les Alpes Mancelles, c’est beau, mais ça se mérite.

Km 45 : J’ai un beau point de vue sur la Mayenne, ils ont bien dégagé le paysage, vu le tronc d’arbre, il n’était pas planté d’hier ;).

Mais soyons rassurés, des petites plantations ont été faites pour le remplacer…. Il reste à attendre que ça pousse.



Km 50 : Peu après le château des Coudray, une petite construction bois atypique pour la région. Les fustes sont des constructions que nous avons plus l’occasion de rencontrer en montagne. Je continue sur ma ligne de crêtes avec de beaux points de vue.

Km 65 : Après Champgenéteux, je fais une première pause à Grazay dans petit abri bus, il est 17h. J’en profite pour consulter les nouvelles à disposition et constate qu’elles sont un peu datées, c’est la Mayenne profonde ;). Je passe près de Jublain, à étudier pour l’organisation d’un BRM. Vers 18h30, le passage au sud de Mayenne est un peu délicat, routes à grande circulation pas très agréables, mais pas de souci avec les voitures. Puis direction Contest, Placé, Vautorte au km 100. Je suis à la moitié de mon premier parcours. Après une série de toboggans Mayennais il est 20h00, je cherche où je pourrai me poser pour ravitailler. Je m’interroge ! « Qu’est-ce-que je fais là ? Pourquoi on fait ça ? ».
À la sortie de Châtillon-sur-Colmont, quoi de mieux qu’un centre d’incendie et de secours pour faire le plein de mes bidons. Merci aux pompiers de Châtillon pour leur accueil, ils connaissent bien le Paris-Brest-Paris pour le voir passer près de chez eux.



Km 123 : 20h15, j’arrive à Oisseau, pas de commerce ouvert, je me pose sur un banc place de l’Église. Je profite du calme pour me détendre, la fin du parcours va être un peu plus compliquée au niveau du relief.
Un léger vent de 3/4 face, Sud-Est (≃10 km/h).

Km 150 : Quand j’arrive sur St-Fraimbault-de-Prières, le soleil se couche, il est 21h00. Depuis mon départ, je n’ai croisé que des distributeurs de pains ou des épiceries « libre services » à part du côté de Mayenne.
C’est la nuit avec sa fraîcheur habituelle, Champéon, le Horps, le Ribay, un endroit bien connu des cyclos au long cours, où l’accueil chaleureux et la sécurisation de la traversée du Paris-Brest-Paris sont assurés par les clubs locaux.
Merci à la technologie GPS pour me guider dans une nuit noire sur des petites routes sans nom, quelque part entre Corniche-de-Pail et N12. Des bruits d’animaux, eux aussi non identifiés, mais pas vraiment rassuré pour m’arrêter faire connaissance. Puis la route grimpe… grimpe… je coupe la route de la Corniche au km 170.

Km 174 : Il est minuit, je me trouve au pied du belvédère du Mont-des-Avaloirs (410 m). Ouf ! Enfin, je ne pense plus qu’à redescendre vers Alençon. Attention dans la descente, je ne suis pas à l’abri de rencontres avec la faune locale.
Le Tapis-Vert, Champfrémont, c’est plus facile quand ça descend et qu’on connait les routes. Au Pont-Percé je coupe la N12, juste sur ma gauche au lieu-dit les Vallées, deux masses noires dont un marcassin. Je passe ma route sans demander mon reste, je ne me sens pas légitime pour faire de la photo animalière.
Il est 1h, je suis à Damigny km 198, je n’ai qu’une envie, manger une bonne soupe et rejoindre mon lit.
J’arrive à Arçonnay à 1h30.
Ma petite femme m’attend, belle surprise car je pensais qu’elle n’aurait pas la patience d’attendre. La soupe est déjà prête, je l’avale et file me coucher pour me relever à 3h.
Un gros déjeuner et c’est parti en direction du Perche, il est 4h, si tout va bien je suis dans les délais pour cette distance (27h), soit le retour avant 17h.
Je prends la direction de notre local CTA, puis Le Chevain. La D16 est très simple pour rouler la nuit, c’est une partie empruntée par le PBP. Pour rejoindre, Pervenchères, je passe par Louze histoire de chauffer le mollet.

Km 240 : 6h30, j’arrive à Bellavilliers, j’ai hâte que la température monte, le petit vent que j’avais ressenti en début de nuit est toujours présent il n’a pas changé de sens. Je me pose sur un banc près de l’église. Un chien vient me rendre visite, le jour est levé et le village s’éveille. Le levé du soleil est magnifique et d’autant plus apprécié quand on a passé une grande partie de la nuit sur le vélo.

Km 255 : La belle campagne Percheronne s’étale devant moi, je monte, je descends, je remonte, je redescends, les kilomètres s’égrènent et le cyclo s’use. Je vise Rémalard, car en zone hyper-rurale il n’est pas facile de se ravitailler.
Km 270 : Je me suis enfin réchauffé, 5h05, première boulangerie, enfin ! Puis 50 mètres plus loin un BAARRRR…
Pas d’hésitation, je m’installe à l’intérieur, même si en terrasse il fait soleil. Grand chocolat, petit café, ça vous remet le facteur sur le vélo. Je suis au cœur du Perche et il va me falloir des forces pour affronter ses collines.
Dorceau, Coulonges-les-Sablons, Frétigny, Happonvilliers puis Chassant.
Km 305 : Depuis 35 km, le vent s’est renforcé, je suis un peu mort mais j’ai espoir car je viens de repartir plein ouest. Il est 10h45 quand je m’arrête à la boulangerie de Chassant où ils servent des cafés. Une bonne pause pour bien récupérer.

Km 312 : Thiron-Gardais, un PMU me fait de l’œil, nouvelle pause, il est 11h30, je commence à me faire un peu comme le lièvre de la fable, je dois me ressaisir. Je repars vers ma ville natale, Nogent-le-Rotrou, c’est facile de descendre dans la Vallée de l’Huisne. Je ne prends pas le temps pour visiter et file toujours plein ouest. St Hilaire-sur-Erre, Préaux puis dir St-Cyr-la-Rosière.

Peu après Préaux, contrôle secret ;), ma petite sœur, mon beau-frère et Uness sont au bout de leur chemin pour me faire un petit coucou. Au vu de mon rythme, des quelques difficultés et du temps passé à musarder je ne peux pas leur consacrer beaucoup de temps. Mais ça me fait très plaisir et recharge mes batteries, il me reste une cinquantaine de km et il est 13h30.

Passage près du musée du Perche, puis le château-des-Feugerêts, en haut, en bas, re en haut et re en bas, ça continue, mais j’avance. Appenai-sous-Bellême, je prévois de faire une dernière pause vers 14h30.
Km 360 : 14h37, peu avant Origny-le-Roux, je fais ma pause en plein champs. Je dégoupille une cartouche de coca, casse-croûtes et pomm’pote. Maintenant c’est la dernière étape direction Mamers, si tout se passe comme prévu je dois rentrer dans les temps.

Une belle vue sur la forêt de Perseigne avant Villaines-la-Carelle.

En passant devant le château de Courtilloles, je vois à l’horizon la forêt d’Écouves. Ça sent l’écurie, parole de Percheron ;).
km 400,5 : Il est 16h48 quand je franchis le portail, ouff!! Enfin.
Quelle idée d’enchainer le Perche après une balade Mayennaise ! Je range le vélo au garage, récupère la sacoche, les bidons, le GPS et me jette sous la douche avant de me faire une petite sieste sur le canapé.
Merci à Clau pour m’avoir soutenu tout le long du périple, merci Annie et Jacky pour la surprise sur le bord de la route.
Débriefing :
-Belle balade grâce à une météo favorable.
-Une pause en milieu de parcours dans le grand confort, c’est top pour recharger les batteries, mais avec modération.
-Beaux paysages de bocages variés, des cultures différentes entre la Mayenne (blé, maïs) et le Perche (blé, colza, lin et un peu de pommes de terre).
-Les parcours P7 (200 km) ne sont pas complètement adaptés pour faire cette expérience. Routes un peu étroites pour la nuit avec beaucoup de relances et des nids de « grosses poules ».
Éric, le mono-manivelle du CTA
